
On en parle rarement mais ce n’est pas toujours évident de se remettre correctement d’une rupture amicale. Voici mes conseils pour vous aider à traverser cette période difficile et à guérir.
On ne parle pas beaucoup des ruptures amicales alors qu’elles peuvent faire tout aussi mal qu’une rupture amoureuse, voire parfois plus mal encore. Perdre un.e meilleur.e ami.e est souvent une grosse épreuve dont on ne sait parfois pas comment se relever car c’est celle/celui qui était notre mur porteur qui s’en va ou qu’on quitte. C’est un deuil à part entière. Et les ressources pour le traverser sont rares.
Pourtant, mal gérer ce deuil peut marquer à vie dans nos relations avec les autres. Ceux qui ont fait le choix de ne pas accorder tant de place que ça à une amitié et de se concentrer sur leur famille et leurs amours cache souvent les stigmates d’une déception amicale mal soignée.
Dans la mesure où Blake Lively vient de perdre sa meilleure amie Taylor Swift et que je viens, moi aussi de vivre une rupture amicale, le sujet est à la mode, alors pourquoi ne pas aller au fond des choses et vous confier comment cette épreuve m’a fait grandir et gagner en profondeur ?
Et puisque c’est un deuil comme un autre, je vous invite à garder à l’esprit que le processus est long et ne se fait pas en un jour. Chaque étape a besoin de mûrir pour résonner en vous. Mais aussi, votre deuil ne sera pas linéaire. Vous allez avoir besoin de retourner de temps en temps aux deux étapes précédentes avant d’aller à la suivante, de faire des vas et vient. C’est tout à fait normal. Votre cerveau a besoin de faire la navette afin de bien assimiler le choc et de le digérer.
1. Ne pas minimiser l’importance de ce cataclysme
Souvent, lorsqu’on se dispute définitivement avec sa meilleure amie, on a tendance à prétendre que ça ne nous touche pas, qu’on reste de marbre, que l’autre n’a pas d’importance. Sauf qu’il s’agit d’un comportement toxique aussi bien pour elle/lui que pour vous-même car par cette attitude non seulement vous reniez la relation que vous avez pu avoir avec cette personne, ce qui est injuste, mais en plus, ça ne fera que rallonger votre deuil.
Ai-je besoin de rappeler que faire comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes est le meilleur moyen de ne jamais guérir de ses blessures et de garder à vie des traumas non réglés ?
Le fait est que cette personne a énormément compté dans votre vie et que même si elle vous a déçue vous l’aimez toujours. Et, entre nous, il est probable qu’une partie de vous l’aimera jusqu’à la fin de votre vie. Ne pas accepter l’importance que cette personne avait pour vous est le meilleur moyen de n’être jamais capable de laisser quelqu’un prendre la place qu’elle a un jour occupé dans votre vie.
Entre nous, si vous rompez avec une amie en n’ayant effectivement aucune tristesse, c’est probablement que votre amitié n’était pas réelle, du moins pour vous et, très honnêtement, peut-être que vous ne méritiez pas cette personne dans votre vie.
Votre tristesse est la preuve que vous avez été sincère, que vous l’aimiez et que vous avez été une bonne amie. N’en ayez pas honte.
Mise à part l’immaturité derrière ce genre de comportement, prétendre que vous ne ressentez rien, c’est de l’orgueil mal placé et ça vous reviendra tôt ou tard en plein visage.
Tant que vous ne regardez pas en face votre chagrin, comment voulez-vous guérir ? Les ruptures amicales sont difficiles à réellement surmonter mais elle permettre de grandir et de s’approcher de plus en plus de la meilleure version de soi-même. Ce n’est qu’en admettant que ça fait mal que vous pourrez vous poser les bonnes questions afin de ne pas répéter ce schéma. Ce n’est qu’en passant par-là que vous pourrez construire de belles histoires d’amitiés sans avoir peur de vivre la même chose.
Cette rupture est douloureuse et c’est normal. Regardez votre peine, droit dans les yeux. Elle est la preuve que vous avez su construire une belle histoire, même si elle s’effondre aujourd’hui, et que vous saurez en construire d’autres.

2. Se confier
Bon, je vous l’accorde, ça ce n’est pas évident puisque celle à qui vous vous confiez et qui partageait tous vos secrets est justement la raison de vos tracas. Mais, justement, cela peut être l’occasion de redécouvrir que vous n’êtes pas aussi seule, démunie et désavouée que pouviez le penser.
Et puis, se confier permet de remettre l’histoire dans le bon sens, de verbaliser ce que vous pensez, ce que vous ressentez, avant de le dire à la bonne personne. Aussi, avoir l’avis de quelqu’un d’autre peut-être intéressant et vous permettre de mettre le doigt sur des aspects de votre relation que vous n’aviez pas repérés.
Bref, ne restez pas seule à ruminer ce qu’il s’est passé. Crachez votre venin à des oreilles qui ne seront pas inutilement blessées pas vos paroles, qui vous apporteront soutien et compréhension et qui vous raisonneront si besoin est.
En équitation il y a cette expression « laisser son cheval jeter son feu ». Cela signifie le laisser se dégourdir et courir sans lui dire quoi faire. Cela lui permet de faire baisser son niveau d’énergie et de relâcher la tension afin de pourvoir être attentif pendant une reprise (un cours d’équitation). Et bien voyez le fait de vous confier à vos proches comme un moyen de « jeter votre feu » avant de pouvoir vraiment commencer à travailler sur votre deuil.
3. Dire ce qu’on a à dire, tout ce qu’on a à dire
Maintenant que vous avez jeté votre feu, vous pouvez vous adresser à la seule personne qui devrait vraiment entendre ce que vous avez à dire : votre ex-meilleure amie. Confronter l’autre est souvent l’étape obligée pour commencer à lâcher prise.
L’avantage des ruptures qu’elles soient amicales, amoureuses ou familial (oui, ça existe), c’est que contrairement au deuil suite à un décès, on peut encore dire ce qu’on a à dire à la personne que nous quittons ou qui nous quitte. C’est une excellente possibilité pour guérir dont trop de gens se passent par orgueil.
Attention, je ne parle pas de dégueuler votre colère à son visage. Crier, être verbalement violent est le meilleur moyen d’être inaudible. Je parle d’exprimer votre point de vue sans forcément chercher à avoir raison, ni à blesser mais de dire votre vérité.
Souvent les amitiés se terminent sur une dispute ou, pire, sur le fait de se retrouver bloquée du jour au lendemain. Faire son deuil dans ces conditions est quasi-impossible car on rumine ce qu’on à dire et ça peut durer longtemps. Passez à autre chose : dites à la bonne personne ce que vous avez à dire.

4. Prendre du recul, réfléchir à ce qu’il s’est passé et comprendre le point de vue de l’autre
Une fois que tout a été formulé, qu’on est soulagé de ce qu’on gardait encore au fond de soi, on va pouvoir vraiment travailler sur la meilleure manière de surmonter cette épreuve. Maintenant que vous êtes à peu près apaisée, vous allez pouvoir chercher à comprendre ce qu’il s’est vraiment passé, quel est le mécanisme qui a eu raison de votre amitié ?
La première chose à comprendre et à entendre c’est que dans une relation, les torts sont toujours plus ou moins partagés. Afin de pouvoir s’ouvrir un jour à de nouvelles amitiés sans être parasités par ses traumas, il est important de se demander où on en est arrivé là. Est-ce vraiment l’autre qui est pleinement et totalement en tort ?
Si c’est le cas, c’est que vous avez mal choisi votre amie. Qu’est-ce qui fait que vous êtes allé.e vers cette personne et que vous l’avez laissé vous maltraiter pendant si longtemps ? Et quelles étaient les motivations de votre ex-ami.e. Je veux dire les vraies motivations, pas l’opportunité : un trauma, un trouble de la personnalité, un manque de maturité… Pourquoi s’est-elle vraiment comportée comme elle l’a fait. Comprendre que l’autre n’est pas un monstre (sans justifier, ni excuser) et a peut-être ses raisons aide à dépasser le stade de la blessure intime.
Si vous admettez avoir vos torts, déjà, bravo : tout le monde n’a pas cette maturité. Ensuite, vous allez pouvoir également vous demander qu’elles sont les réelles motivations derrière ce conflit. Les vôtres et les siennes.
Ainsi vous pourrez comprendre ce qui n’a pas marcher sans être caricaturale. Ce n’est pas toujours facile de regarder ses défauts en face mais, si vous comprenez ce qui a tourné au vinaigre, alors vous êtes en mesure de faire en sorte que ça ne se reproduise pas. Si vous savez que vous êtes capable de faire en sorte que ça ne se reproduise pas, vous ne ressentirez pas le besoin de vous surprotéger en évitant de trop vous ouvrir aux nouvelles personnes que vous rencontrerez.
5. Faire la liste de ce qui n’allait pas dans cette amitié et de ce qu’elle vous a apporté
Indépendamment du conflit qui vous a séparé, il est aussi sage de faire la liste de tout ce qui n’allait pas dans cette amitié. Je ne parle pas de faire la liste des défauts de l’autre mais celle des comportements qui ont pu réellement vous blesser et de ce que vous aurez pu lui épargner. Demandez-vous quelle a été votre réaction. Le lui en avez-vous parlé ? Quelle a été sa réaction ?
Là aussi, vous pouvez apprendre pas mal de choses sur votre manière de gérer vos amitiés et les conflits. C’est encore une possibilité de grandir grâce à cette rupture.
Commencer par le négatif est plus facile quand on est fâchée. Maintenant, je vous propose de rendre à César ce qui lui appartient en faisant aussi la liste de ce cette amitié vous a apporté : qu’avez-vous appris ? Que vous a-t-elle aidé à réparer ? Qu’avez-vous compris grâce à cette amitié ?
Vous pouvez également mettre par écrit vos bons et vos mauvais moments.
Ce bilan de votre histoire amicale et un excellent exercice pour faire votre deuil de cette amitié.

6. Comprendre pourquoi cette rupture peut être une opportunité, ce qu’elle va vous apporter
La bonne nouvelle est que maintenant que vous avez couché sur le papier ce qui n’a pas fonctionné dans votre amitié et de toutes les fois où cette personne n’a pas été à la hauteur de votre amitié, vous êtes en mesure de voir à quel point cette rupture est finalement une libération. Chaque rupture a sa raison d’être. Elles sont là pour nous apprendre des choses sur nous, sur les autres et sur notre rapport à l’autre. Encore faut-il en saisir l’opportunité pour se remettre en question, apprendre et donc grandir.
Cette rupture est forcément une opportunité, ne serait-ce que celle de vous permettre de construire un lien avec quelqu’un qui correspond mieux à vos valeurs et à vos attentes en amitié.
Peut-être aussi que vous étiez trop fusionnelle avec cette amie, auquel cas, cette rupture vous pousse à passer un peu plus de temps avec vous-même pour vous redécouvrir et à tisser des liens avec d’autres personnes.
Peut-être que, finalement, vous réalisez que vous vous sentiez jugée par cette personne ou que vous étiez fatiguée de soutenir quelqu’un qui traverse des difficultés et que vous vous sentez soulagée (et si c’est le cas, ajoutez dans vos torts celui de n’avoir pas communiqué sur votre fatigue et votre besoin de prendre des distances avant que ce soit trop tard)…
Bref, vous êtes maintenant en mesure de voir les bons côtés de cette rupture alors n’hésitez pas à les exprimer.
7. Pardonner et tourner la page
Certaines auront peut-être envie de me dire qu’elles n’avaient pas besoin de lire les 6 premières étapes pour arriver à celle-ci. Ce à quoi je leur répondrais « stop your crap » (arrête de dire des conneries) et retourne lire la première étape, puis la 4ème.
Mais pour celles qui auront fait tout le parcours en long en large et en travers, vous êtes à présent capable de tourner la page le cœur apaisé et reconnaissante pour ce que cette personne vous a appris et peut-être même pour cette amitié, bien qu’elle se soit achevée.
En conclusion
Voilà, vous avez tout ce qu’il vous faut pour vous remettre de cette rupture amicale. Petite astuce qui m’a aussi beaucoup aidé à digérer : me mettre au tricot en écoutant des livres audio. Ça trompe la solitude tout en permettant de cogiter.
Je vous laisse avec ma vidéo de la semaine sur la rupture amicale entre Taylor Swift et Blake Lively, où on se demandera pourquoi les ruptures amicales font si mal et pourquoi on en parle si peu.
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