Alors que la culture du régime et les silhouettes squelettiques s’imposent à nouveau partout comme l’unique norme, la presse féminine mainstream continue de nous vendre la culpabilité en kit. Face à cette déferlante toxique, il est urgent de reprendre le contrôle de nos feeds et de nos esprits. De Causette aux Glorieuses, voici cinq médias indépendants et engagés qui prennent enfin soin de nous, loin des diktats.

On a beau tourner la tête, fermer les applications ou fuir les kiosques, c’est impossible d’y échapper. Actrices ultra-glamours métamorphosées, chanteuses réduites à l’os, unes de magazines qui replongent dans les pires obsessions des années 2000… Le retour en force de l’extrême minceur est d’une violence inouïe. Partout, à longueur de journée, on nous bombarde d’images de corps saccagés par les régimes, érigés en modèles absolus de réussite et de désirabilité.
Et le pire, c’est qu’en replongeant dans nos archives, on mesure le gouffre : à côté de ce qu’on subit aujourd’hui, même le heroin chic des années 2000 et une Kate Moss à son pic d’époque ont l’air… en forme, pour tout dire. Ce n’est plus seulement de la minceur, c’est l’extrême minceur « plus plus plus », un standard inatteignable et effrayant.
Arrêtons l’hypocrisie : non, Ariana Grande et Kate Middleton ne vont pas bien. Et à tous ceux qui nous vendent ces silhouettes maladives comme l’ultime trend : allez bien vous faire cuir le cul.
La vérité ? Ce ne sont pas des corps « objectifs de forme » ou des standards enviables. Ce sont des corps épuisés, des corps malades, que l’on nous matraque comme la seule norme acceptable. Et si, comme nous, tu satures de cette injonction permanente à disparaître, la bonne nouvelle, c’est qu’on a le droit de dire stop. On peut choisir où poser les yeux, et surtout, on peut choisir les médias qui nous informent sans nous faire la guerre.
Pour respirer un grand coup et s’informer loin de la grossophobie ambiante, voici notre sélection de 5 refuges journalistiques bienveillants.


1. Causette
Ancien poids lourd de la presse papier féministe, le magazine n’a pas résisté. La raison est simple et amère : la presse mainstream est perfusée par les annonceurs du luxe et de la cosmétique, des industries qui ont tout intérêt à ce que nous nous sentions mal dans notre peau pour nous vendre des solutions. Sans ce soutien-là et sans des volumes publicitaires aberrants, Causette n’a pas pu tenir sur la longueur sous son format historique. Aujourd’hui réduit à une existence 100 % numérique et fragile sur les réseaux (Instagram, TikTok, Threads), le titre incarne la dure réalité de notre liberté d’expression en ligne : des rédactions de choc à la merci d’un algorithme. Mais leur décryptage de la charge mentale esthétique reste une vigie indispensable.
Suivre Causette sur Instagram : https://www.instagram.com/_causette_/?hl=fr
Suivre Causettes sur Tiktok : https://www.tiktok.com/@causette.fr
Suivre Causette sur Threads : https://www.threads.com/@_causette_

2. The Body Optimist
Anciennement connu sous le nom de Ma Grande Taille, ce média est l’un des deux derniers rescapés de la presse indépendante à avoir conservé son propre domaine, loin de la tyrannie des plateformes. S’adressant directement aux adultes, The Body Optimist n’a pas varié d’un pouce. Refusant de céder à la panique morale et au retour du « mince à tout prix », il reste fidèle à sa boussole : une lutte viscérale contre la grossophobie et les injonctions toxiques. Dans un paysage où les sanctuaires éditoriaux s’effondrent, c’est un site qu’il faut absolument aller lire, visiter et soutenir à tout prix pour qu’il tienne bon.
Le website de The Body Optimist : https://www.ma-grande-taille.com/
Suivre The Body Optimist sur Instagram : https://www.instagram.com/thebodyoptimist/?hl=fr
Suivre The Body Optimist sur TikTok : https://www.tiktok.com/@thebodyoptimist_

3. MadMoizelle
C’est le second grand rescapé du web à avoir gardé son propre domaine, protégé des caprices de la tech. Historiquement tourné vers un public plus jeune, ce média pop et féministe s’est imposé au fil des ans comme une vigie redoutable pour décrypter la culture des régimes et la grossophobie ordinaire. On se souvient aussi de leur âge d’or et de cette incroyable époque de podcasts (menés notamment par Fabrice et son équipe), qui ont offert un espace audio pionnier et libérateur. Aujourd’hui encore, avec son écriture sans tabou et beaucoup d’empathie, MadMoizelle reste une référence absolue qu’il est vital de soutenir et de lire régulièrement.
Website de Madmoizalle : https://podcasts.madmoizelle.com/
Suivre Madmoizelle sur Instagram : https://www.instagram.com/madmoizelle/?hl=fr
Suivre Madmoizelle sur TikTok : https://www.tiktok.com/@madmoizellecom
Suivre Madmoizelle sur Threads : https://www.threads.com/@madmoizelle

4. Fraiches
Fraiches, c’est le compte Instagram et TikTok par excellence, mais il illustre aussi cette épée de Damoclès qui pèse sur les créateurs indépendants : un espace formidable de reels et de vidéos ultra bien senties qui déculpabilisent notre quotidien, mais entièrement dépendant de plateformes privées. Leur message d’utilité publique — foutre la paix au corps des femmes — rappelle qu’on a le droit d’exister sans se faire violence. Une bouffée de sororité visuelle salutaire, à consommer et à relayer sans modération.
Suivre Fraiches sur Instagram : https://www.instagram.com/fraiches/
Suivre Fraiche sur TikTok : https://www.tiktok.com/@fraiches

5. Les Glorieuses
Autre modèle de résistance : Les Glorieuses, la célèbre newsletter féministe fondée par Rebecca Amsellem. Ici, pas de site web open bar ni de dépendance aux géants de la tech : le média a fait le choix audacieux du circuit court en livrant ses analyses (et sa version augmentée) directement dans nos boîtes mail. Une monétisation saine, organique, basée sur la confiance directe avec sa communauté, loin de la dictature du clic publicitaire. Entre décryptages économiques, sociaux et politiques sur la charge mentale et les pressions esthétiques, c’est un espace de réflexion au calme, à l’abri du bruit ambiant.
La newsletter des Glorieuses : https://lesglorieuses.fr/
Suivre Les Glorieuses sur Instagram : https://www.instagram.com/les_glorieuses/

En bref S’informer sans se faire violence, ça ne tombe pas du ciel. Si ces médias indépendants qui ont le courage de rester sains pour les femmes survivent, c’est parce qu’il est urgent de sortir le portefeuille, de cliquer, de les lire et de les soutenir activement. Alors la prochaine fois qu’un magazine mainstream essaie de te faire croire qu’il y a quelque chose à « réparer » chez toi, tu sais où tourner les yeux… et où placer ton argent.
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