
Alors que cela faisait 3 ans que j’étais abonnée à une plateforme de porno éthique en streaming, en octobre dernier, j’ai résilié mon abonnement. Sans regret. Je trouvais intéressant d’en parler avec vous.
Depuis mon adolescence, le porno fait partie de ma sexualité à part entière. Heureusement, je fais partie de cette dernière génération qui a connu un monde protégé du porno car les films pour adultes étaient totalement inaccessibles pour les moins de 18 ans puisque votre âge était contrôlé lorsque vous en achetiez. Pendant longtemps, le porno c’était quand un de mes amis qui avait canal plus à la maison avait pu faire une cassette qu’on se refilait sous le manteau.
Je n’ai donc jamais vu ce genre de films comme une inspiration mais plus comme un divertissement visant à émoustiller. Mon éducation sexuelle, je l’ai fait avec des livres sur la sexualité et aussi en posant des questions à mes parents soixante-huitards. Et heureusement, que je n’ai pas fait mon éducation sexuelle avec le porno car, ce n’est clairement pas un bon professeur, comme je vous le disais dans mon article sur les 10 choses à laisser au porno.
Et puis, internet s’est démocratisé. Il est arrivé dans tous les foyers, j’ai fini par avoir mon propre PC dans ma chambre et là, un nouveau monde s’est ouvert à moi. D’autant que c’était l’époque du boum des séries. Comme la France accusait souvent une bonne année de retard dans les diffusions, il n’était pas rare de télécharger illégalement les épisodes diffusés aux Etats-Unis et il n’était pas rare de tomber sur un film porno au lieux de la fiction qu’on désirait. Et évidemment, je regardais.
Et puis, j’ai découvert le travail d’Erika Lust et d’autres femmes qui réalisaient des films pornos destinés aux femmes avec de belles histoires, un esthétisme attrayant, une certaine éthique… Et ça, j’ai trouvé ça beaucoup plus intéressant. J’ai commencé à suivre ces artistes, à acheter leurs films, au début. Puis quand Erika a sorti XConfessions, sa plate-forme où elle réalise les confessions de ses abonnés, je l’ai évidemment suivi. Pareil pour Lust Cinéma, la plate-forme de pornos éthique en streaming dont de vous avais fait une revue.
Je suis restée abonnées à ce site pendant 3 ans mais en octobre dernier, j’ai résilié cet abonnement. Pas par mécontentement ou manque d’argent mais juste parce que j’ai fais le constat que je ne l’utilisais pas. C’est assez perturbant parce que j’ai mis des années à passer le pas de m’abonner à un site étique mais payant. Et alors que j’avais un accès illimité aux films qui y étaient diffusés, je me suis tout simplement désintéressée. J’ai eu envie de revenir avec sur les raisons pour lesquelles j’ai délaissé ce genre de fictions.

1. Raisons sociales et politiques
La raison pour laquelle j’étais prête à payer un abonnement pour avoir accès à du contenu éthique c’est que l’industrie de la pornographie est une des industries qui exploite le plus ses travailleurs. Sous prétexte qu’il s’agisse de plaisir, alors ce serait OK que les travailleurs ne soient pas payés. Or, non seulement le plaisir n’est pas toujours là (on parle de fiction, il y a pleins d’astuces pour faire croire au spectateur que c’est le pied) mais en plus, admettons que ce soit un métier de rêve (ce qui est loin d’être le cas), ce n’est pas parce qu’on aime son métier que c’est OK de le faire à l’œil. Tout travail mérite salaire, non ?
Personnellement, je pense qu’on se fiche des conditions de travail des travailleurs du sexe ou de leur salaire pour des raisons moralisatrices à deux balles. Quelle hypocrisie de se laver les mains de leur sort alors qu’on est bien content de voir leur travail !
Mais il n’est pas question que d’argent. Les conditions de travail me posent aussi problème, de même que la culture du viol véhiculer dans ces films. En effet, le porno a un certain talent à romantiser, érotiser le viol.

2. J’ai envie de « re-sacraliser » ma sexualité
L’industrie du film X a également tendance à nous faire croire que le sexe l’emporte sur tout, que tout va mieux quand on se laisse un peu faire, que sexer sans ressentir la moindre émotion est normal, voire souhaitable, que ça libère de toute pression.
Après avoir vécu mes propres expériences et avoir eu pendant quelques années une sexualité hyperactive, j’ai réalisé un gros travail sur moi et pris conscience que, pendant toutes ces années, je m’étais imposée un rôle qui ne me convenait pas vraiment.
Comme je vous le disais dans mon article questionnant la liberté sexuelle pour les femmes, j’ai pris conscience que les relations sans lendemain que j’enchainais arrangeaient énormément mes partenaires mais ne satisfaisaient pas et je n’en étais pas forcément conscience. Depuis un vingtaine d’années, les médias, en particulier le porno, valorisent les femmes à la sexualité débordante et diabolise celle qui cherchent juste une relation profonde et épanouissante.
Après avoir beaucoup réfléchis à la question et pris conscience de toutes ces fois où on m’avait poussé à faire des choses dont je n’avais pas vraiment envie, j’ai eu envie d’assainir mes rapports avec les hommes et d’être plus alignée avec ce que je ressens. J’ai donc pris la décision de d’avoir que des relations avec les mecs pour qui je ressens en vrai désir et, de mon point de vue, le désir se crée avec le temps et la complicité. Les histoires sans lendemain ne sont plus pour moi et je ne m’en porte que mieux.
J’ai pris conscience que je porno encourageait une vision hygiénique du sexe. Quand je dis hygiénique, je veux dire que le sexe est vu comme un besoin hygiénique alors que non seulement il a été scientifiquement démontré qu’un être humain (homme ou femme) pouvait se passer de sexe pendant des années, mais en plus je vrai besoin naturel est de jouir. Or, on n’a besoin de personne d’autre pour jouir.
Inévitablement j’ai remis en question cette habitude que nous avons de nous servir du corps des autres pour assouvir nos « besoins ». J’ai pris conscience que je voulais prendre mes distances avec cette façon de faire et ne plus regarder de film porno m’a beaucoup aider à me demander si j’avais vraiment envie d’un mec ou si je projetais sur mes fantasmes.
Depuis, j’ai une sexualité plus spontanée, saine. Je fais l’amour parce que j’en ai vraiment envie avec un mec que j’ai vraiment de toucher, de goûter, à qui j’ai sincèrement envie de faire du bien et pas pour me sentir aimée, désirée ou cool.

3. J’ai commencé à lire de la romantasy et j’ai repris la new romance
Aussi, l’arrêt des films pornos coïncide avec la reprise de la lecture et notamment, de la découverte de mon genre littéraire préféré : la romantasy. Il s’agit d’un genre conjuguant l’héroïque fantasy avec la romance. Dans ces ouvrages, il y a régulièrement des scènes de sexe explicites et j’avoue que j’éprouve plus de plaisir à lire ces romans où on se plonge dans la psyché d’un personnage, plutôt qu’à regarder des films pour adultes, où un simule outrageusement un plaisir qui n’a souvent aucun sens.
Du coup, inévitablement, j’ai moins de temps et d’intérêt pour regarder des films pornos mais aussi pour les séries qui me branchent moyen ou autres films. Lire un livre pouvant prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines, ça limite forcément le temps de loisirs disponible.
4. Le porno éthique, ça coûte cher
Comme je vous l’ai dit dans le premier point, j’ai accepté de payer mon abonnement à un site de films X pour des raisons éthiques mais, ça reste un budget et quand on ne l’utilise plus, cet argent est mieux employé à l’achat de livres, par exemple, ou de pelotes de laine.
Et vous, avez-vous une alternative au porno ?
Voici la vidéo de la semaine dans laquelle je parle de Justin Baldoni qui a souffert d’addiction pornographique.
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